Procès AZF - 1ère journée : un enjeu de taille
Par edr le lundi 23 février 2009, 20:28 - Toulouse - Lien permanent

Premier jour du procès AZF: le gigantisme annoncé par les médias était au rendez-vous. Les robes noires des avocats se comptaient par dizaine, les parties civiles par rangées ! Avec plus d'un heure de retard, le Président, avant de faire "l'appel", assez long, des témoins, annonce que le tribunal cherchera la vérité dans la sérénité, et insiste sur le respect du débat contradictoire, de la présomption d'innocence, de l'égalité des parties, au service de la recherche de la vérité.
En effet, il paraît assez tentant de ne considérer que la thèse de l'accident chimique dû à l'imprudence, qui met de façon évidente en cause les dirigeants d'AZF, Total et sa filiale "Grande Paroisse" (dont on saura jeudi si elle est ou non la seule personne morale sur le banc des accusés ou si elle sera rejointe par sa maison maître Total). Pourtant, la recherche de la vérité exige, au-delà des passions, des impressions, des sentiments compréhensibles de l'opinion publique, de n'écarter aucune thèse, qui peuvent, de près ou de loin, avoir une quelconque vraisemblance. L'enjeu est donc de ne pas inverser l'ordre de la justice. Avant d'établir la responsabilité des dirigeants d'AZF (qui ne doit pas être éludée) et le degré de celle-ci, il faut d'abord rechercher la cause des évènements dramatiques de ce 21 septembre, ou plutôt l'enchaînement des causes et les circonstances. C'est dans cet ordre que pourra être établie la vérité, et les responsabilités qui en découlent.
C'est en tout cas l'enjeu de ce procès fleuve: sans s'éparpiller dans des thèses "farfelues", sans oublier les conclusions de l'instruction, il faudra néanmoins écouter tous les témoignages et toutes les expertises, mêmes différentes, pour rechercher et se rapprocher le plus possible de la vérité, ou des vérités. Car si la thèse accidentelle met en cause clairement les dirigeants d'AZF qui auraient manqué de diligence et de prudence, la ou les thèses intentionnelles ne les dédouanent pas pour autant ! C'est pourquoi il me semble qu'il faut creuser toutes ces thèses sans penser aux conséquences que cela aurait sur les responsabilités de telle ou telle partie, car cela fausserait le jugement sur ces thèses.
En tout état de cause, cette recherche de la vérité sera longue, difficile, elle n'occultera pas la douleur des victimes mais permettra à l'issue du procès de comprendre. Les victimes comme l'ensemble des toulousains en ont besoin.
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